Mieux comprendre Bob Marley

Bob Marley Earthstrong @ Tuff Gong

Le soixante-neuvième anniversaire de la légende Robert Nesta Marley a été célébré comme il se doit auBob Marley Museum et aux studios Tuff Gong à Kingston le 6 février 2014.
La radio IRIE FM ainsi qu’un beau public aux âges et ethnies variés étaient là pour rendre hommage à l’homme qui a contribué à faire connaître la Jamaïque au monde entier grâce à sa musique. Les vibes étaient positives et chacun était amical et respectueux, comme on peut s’y attendre lorsque l’on rend hommage à l’homme qui nous a enseigné « One Love » en guise de vision du monde.

Les prières d’ouverture ont débuté à 9 heures du matin, avec Julian Marley et des chants et percussions nyahbinghi. IRIE FM a ensuite réalisé des interviews, en commençant par  les Marley présents : Julian, mais aussi les enfants de Ky-Mani et de Stephen. La journaliste Elise Kelly leur a demandé ce qu’ils pensaient de cette célébration et de leur sentiment par rapport au fait d’avoir Bob Marleycomme patriarche.  Samuel, le fils de Stephen, a déclaré « C’est une bonne personne à avoir comme grand-père. Il rassemble les gens. One Love, More Love ».

Le Ministre du Tourisme et des Loisirs Damian Crawford a été interviewé à son tour. Il a exposé le problème concernant la musique reggae, qui est l’une des plus grosses exportations du pays mais qui en retour ne rapporte que très peu d’argent aux artistes et à l’île. Les évènements soutenus par son ministère et organisés par la JaRIA (Jamaican Reggae Industry Association) tentent de proposer aux étrangers une formule pour visiter la Jamaïque pendant le mois de février, qui est le Black History et le Reggae Month, l’idée étant de garder une partie de l’industrie reggae et l’argent qui en résulte directement sur l’île.

Ce fut ensuite à Stephen « Cat » Coore de Third World de s’exprimer. L’artiste a bien sûr évoqué la disparition récente de Bunny Rugs  et son impact sur le groupe et sur le Monde. Il a affirmé que le groupe Third World va continuer sa route mais ne sera plus jamais le même sans Bunny.

A travers les nuages de fumée, pratiquement tous les invités ont été questionnés sur le gros sujet politique du moment en Jamaïque : la décriminalisation et/ou la légalisation du cannabis. La plupart étaient pour, et le consensus fut pour des lois plus allégées, la décriminalisation allant avec une légalisation médicale, car c’est une part de la culture rasta et jamaïcaine, sans toutefois légaliser totalement.

Un bel équilibre entre musique Nyabinghi et interviews plus discrètes fut ensuite trouvé, pendant que des gens de toute couleur et de tout âge se mélangeaient, fumant et observant la scène sans se rendre compte qu’ils en faisaient partie.

Un gros Nyabinghi se tenait ensuite devant les studios Tuff Gong, fondé par Bob Marley en 1965. Alors que la voix de Bob s’élève dans l’air au milieu des percussions, les interviews continu devant le « One Love Café », où des petits déjeuners ital (dumplings bouillis et banane, beignets de maïs, ackee, plantains…) étaient servis gratuitement jusqu’à ce que la fête se termine ; vraiment One Love !

Des prêtres éthiopiens orthodoxes racontèrent au micro d’IRIE FM comment Bob Marley avait aidé à « combler le fossé » pour que les rastas comprennent mieux leurs croyances. Et lorsque la journaliste chercha à savoir ce qu’ils pensaient des rastas, l’un d’entre eux lâcha : « Bob Marley a été baptisé dans une église orthodoxe éthiopienne. Je me considère donc comme un rasta moi aussi ».

Bien sûr, d’autres artistes que les Marley sont passés soutenir l’évènement, comme Saba Tooth, Jesse Royal, Iba Mahr, et Fred Locks. Saba Tooth, qui a récemment sorti le CD « I Prosperity », a décrit cette célébration comme « géniale ». Jesse Royal quant à lui « se devait de venir » et prépare actuellement une tournée sur la côte ouest des États-Unis. D’autres encore étaient simplement présents dans le public à kiffer la vibe.

Aux alentours de 11 heures, il y avait de plus en plus de gens et l’énergie du Nyabinghi s’est accentuée. Des écoliers faisaient la queue pour prendre des photos devant les fresques et des groupes de touristes s’ajoutaient à la foule, se mélangeant aux rastas.

Les nuages se sont ensuite invités pour une petite douche l’après-midi, ce qui n’a pas été du goût d’une femme rasta originaire de Portland : «  A chaque fois qu’on fête quelque chose il pleut ! ». Mais la pluie n’arrête pas les rastas et le Nyabinghi s’est poursuivi de plus belle, devenant un battement de cœur plus fort pour accompagner « Don’t Worry About A Thing » de Bob. « La pluie est une bénédiction. L’esprit de Bob est descendu. » nous explique un ancien. Un couple âgé d’allemands près de nous nous dit « Tout le monde partout dans le monde sait qui est Bob Marley. Il a contribué à nous enseigner ce qu’est l’acceptation et l’amour. One Love. ».

L’esprit du « One Love » était manifestement présent lors de ce 69ème anniversaire de Bob et continue de vivre aujourd’hui grâce à ses chansons.

Source

http://www.reggae.fr/

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *