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Reincarnated, le documentaire: de Snoop Dogg à Snoop Lion

 

Un documentaire donne à voir la conversion du rappeur au mouvement rastafari. D’un mois passé en Jamaïque à fumer des joints et enregistrer son album reste 1h30 enfumées, qui témoignent du capital sympathie de Snoop Dogg.

D’aucuns avaient accusé Snoop Dogg de médiatiser sa subite conversion au rastafarisme afin de relancer une carrière toussotante, principalement rythmées ces dernières années par la sortie de featurings honteux. Pour rappel : l’été dernier, affirmant avoir été appelé personnellement par « le spirit », Snoop s’autoproclamait reggaeman, à grand renfort de costumes en lin blanc et autres accessoires vert jaune rouge. Snoop Dogg était mort au profit de Snoop Lion, sous les yeux ahuris du public et les applaudissements de National Geographic qui voyait là une bonne occasion de réhabiliter l’image des lions de la savane.

Plan marketing fait de grosses ficelles ou réel cheminement intérieur à rencontre de Jah ? Vice a suivi l’ex-rappeur un mois durant, entre l’enregistrement de son album avec Diplo et Dre Skull, les balades en foret jamaïcaine à la recherche de plans d’herbes mutantes et les rencontres avec l’aristocratie locale (Bunny Wailer, Damian Marley, etc.). Résultat :Reincarnated, 1h36 de « jah ! » et « rastafari ! » scandés ça et là, entre lesquels Snoop fait le point sur sa vie passée à Babylone et le chemin parcouru depuis ses débuts marqués par un climat de violence certain.

« Money makes a man and that’s a crime, if we all were rich, we’d spend more time with our daughters and sons, they’re losing their minds we all feel hurt, here’s mine, hear me now » affirme-t-il en chœur avec sa fille dans No Guns Allowed (morceau accueillant également Drake qui lui, en revanche, aime toujours bien se faire prendre en photo en jetant des liasses de billets en club). « Je suis arrivé à un stade de ma carrière où je dois dire quelque chose, non pas que je n’avais rien à dire avant mais là je suis vraiment déterminé. » Finis les gros pistolets, les filles légères, les voitures de luxe et tout le reste, le nouveau Snoop roule pour la paix, l’amour, la lutte et la réincarnation. Le genre de trucs qu’on peut chanter devant des grands mères ou à la Maison Blanche.

A cet univers ensoleillé fait de good mood et de bonne beuh succède vers la fin du film des images d’archives de l’enterrement de Nate Dogg au printemps 2011. Les couleurs du deuil se substitue aux volutes vertes jaunes rouges et la réalité semblent rattraper tout le monde. Les plans largement appuyés sur le cercueil mettent lourdement en perspective cette subite conversion spirituelle. Snoop le répète : « le mouvement rasta faisait partie de moi mais je n’avais pas compris ». Comme si, face à la mort et au deuil il n’y avait pas d’autre alternative que de renaître sous un autre nom. Le film s’ouvre et se termine par un baptême lors duquel le rappeur fait profession de foi : « je veux connaitre l’expérience rastafari, je veux en faire partie » affirme-t-il avec conviction. Un monsieur qui a poussé à l’extrême l’expérience capillaire des dreads le renomme arbitrairement Berhane (traduction : Shining Light). « Tu ne seras plus jamais un chien, tu es une lumière brillante » lui assure-t-on alors. One love.

 

Reincarnated sera présenté en avant-première dans la grande salle du MK2 Bibliothèque à Paris jeudi 4 avril (réservations ici). Il fera ensuite l’objet de trois projections exceptionnelles au MK2 Grand Palais les 5, 6 et 7 avril.

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