Mieux comprendre Bob Marley

Rokia Traoré. «Ça m’amuse de reprendre Bob Marley»

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Rokia Traoré arrive au Glemor pour l’une de ses deux seules dates en Bretagne. L’artiste malienne chante la culture mandinge mais reprend aussi Brel, Ferré, Stevie Wonder et Bob Marley. Le tout en acoustique.

D’où vient ce besoin de retour aux racines?
En fait, je n’y reviens pas. Je ne les ai jamais quittées. Ce que j’aime, c’est la musique en général et pas simplement la musique africaine. Donc cela m’amène à mener ma carrière d’une certaine façon. Je ne fais pas que de la musique malienne et d’ailleurs j’ai dû apprendre cette musique parce que je n’avais aucune formation. Au début, je chantais en français ou en anglais plus naturellement qu’en bambara. Il a fallu apprendre.

Votre musique navigue entre plusieurs genres…
J’ai démarré il y a douze ans par du rap, puis de la musique du sud. Depuis trois ans, je m’intéresse beaucoup à la musique malinké. Je suis revenue à la guitare sur le dernier album avec des tendances plus blues-rock, j’ai fait aussi du jazz. J’aime tout cela et c’est comme ça que je vois la musique. C’est cette diversité du monde que je trouve fascinante. Aujourd’hui, je m’investis dans la fondation que j’ai créée avec des jeunes muisiciens maliens dont certains m’accompagnent sur «Roots».

Pourquoi avoir choisi une formule acoustique?
Parce que je suis chanteuse avant tout. Je voulais laisser une grande place aux voix. Pour «Roots», il y a simplement trois musiciens derrière avec des instruments traditionnels pour tenir une couleur musicale basée sur la culture mandingue.

Comment garder cette couleur musicale en reprenant Brel, Ferré, Stevie Wonder, Bob Marley?
Pour Stevie Wonder et Bob Marley, c’est simple. J’arrive à garder la mélodie de base et à travailler sur un phrasé qui s’intègre totalement à l’univers. Les morceaux de Brel et Ferré étaient plus compliqués. Du coup, on a travaillé uniquement sur les voix. Il n’y a pas d’instrument dessus. Le résultat ne sonne plus du tout comme l’original.

Les instruments africains se prêtent bien à jouer de la soul ou du reggae?
Oui, mais il ne faut pas penser que ce sont des instruments africains et que la musique vient d’ailleurs. Cela reste de la musique et c’est ça qui est amusant. Ça m’amuse d’entendre une musique totalement africaine, de me rappeler un air de Bob Marley et de voir que ça marche. Ça m’amuse de reprendre Bob Marley. Après, le public aime ou n’aime pas. J’ai toujours envie d’essayer des choses avec la musique, sans a priori.

Comment vivez-vous la situation actuelle au Mali?
Il y a trois ans, je suis retournée vivre là-bas pour m’occuper de ma fondation. Le jour du coup d’État, j’étais justement à Bamako. On venait de terminer des répétitions et on avait une tournée en Italie, mais on n’a pas pu prendre l’avion. Je prends cette situation de manière très violente: ça me touche. C’est l’investissement humain vis-à-vis des jeunes de ma fondation. Le travail qu’on a entrepris est un peu dans l’attente de ce qu’il va se passer.

On vous sent touchée…

Oui, je suis perturbée et choquée par la brutalité de cette situation qui est survenue de nulle part. Se retrouver avec deux tiers du Mali occupés du jour au lendemain, c’est violent. Ma famille et mes amis sont paniqués. La situation dans la capitale est très confuse. On ne sait pas qui fait quoi, il y a des arrestations qui sont démenties alors que des familles sont sans nouvelles de proches. C’est oppressant pour la population.

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