Mieux comprendre Bob Marley

Tribute to Bob Marley enfume Tunis

«Amis reggaemen… Bonsoir!» aurait pu être la phrase d’introduction, mardi soir, au festival de Carthage tant le public, de tous horizons, avait répondu présent à cette soirée placée sous le signe de la symbolique rastafari!

 

Par Samantha Ben-Rehouma

 


 

Le message d’amour et de paix omniprésent dans le répertoire musical du groupe One Foundation Crew et Tiken Jah Fakoly n’a laissé personne indifférent…

Hommage à un vrai révolutionnaire

Faites un test. Interrogez votre entourage: dites-leur «reggae» et le premier nom qui viendra à l’esprit de votre interlocuteur sera naturellement celui de Bob Marley. A sa mort, le 11 mai 1981, ce chanteur superstar de son vivant, basculait dans le mythe. Figure emblématique du reggae, il continue d’être un des artistes dont la musique est la plus jouée dans le monde. Les mots peuvent difficilement exprimer l’importance de l’influence de Bob Marley ni décrire l’impact de sa vie dont l’aura demeure présente, et ce, plus de 25 ans après sa disparition. La superstar du reggae a utilisé la musique pour unifier, élever et inspirer toute une génération. Sa musique était simple mais poignante, elle transcende les barrières de la structure de classe, de race, et même de langue. A ce jour, aucun artiste n’a été en mesure d’obtenir la célébrité internationale tout en restant fidèle à une mission simple de l’égalité, la paix et l’amour.

Le groupe One Foundation a envoûté Carthage avec les tubes de Bob Marley Ph. Khaled Sghaier

De tous les standards de Marley chantés par les One Foundation Crew: Buffalo Soldier,Jamming, Stir It Up, I shot the Sheriff, No Woman No Cry… Get Up Stand Up repris à l’unisson (il en a été de même pour toutes les chansons) par tout le public de Carthage qui incite à se battre pour ses droits, est toujours sous les feux de la rampe et prouve (encore une fois) combien la lutte doit continuer et qu’il est urgent de ne pas baisser les bras devant toutes formes d’oppression ou de censure…

«Y en a marre, l’Afrique en a marre, le peuple en a marre…»

C’est avec le poing levé, et une bonne demi-heure d’attente (la logistique du Festival de Carthage étant ce qu’a été la pluie dans la bataille de Waterloo) que la star du reggae africain scande son African Revolution. Avec Je dis non !, la chanson phare de son dernier album sorti en 2010, Tiken Jah Fakoly s’impose comme le porte-parole d’un continent en mouvement. Il transcende les genres et propose un son nouveau, ancré dans la tradition et résolument moderne, à l’image de l’Afrique d’aujourd’hui.

D’une chanson à l’autre, l’Ivoirien engagé et militant s’évertue à démontrer que les rythmes épousent les mots, les dissèquent et les font entendre grâce à la voix d’un reggae qui reflète l’Afrique à merveille, accompagnée par les instruments traditionnels mandingues…

Bref, une très bonne deuxième partie qui a duré presque trois heures, pour le plus grand bonheur du public !!

Tiken Jah Fakoly convainc les consciences au point que dire NON devient facile car il le dit en chanson, ce qui va droit au cœur rythmé de l’africain qui sommeille en chacun de nous.

Le porte-parole d’un continent en mouvement.Ph. Khaled Sghaier.

Ainsi l’espace d’une soirée, nous aussi avons dit NON en dansant sur les tubes de Bob Marley et sur les mélodies mandingues au rythme reggae. Et si tous nous pouvions suivre le rythme alors peut-être que l’Afrique deviendra UNIE car le reggae c’est une marche vers la victoire qui est toujours certaine. Un pas puis un autre, et on avance…

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