Mieux comprendre Bob Marley

Mouvement rastafari

Le prof d’anglais a étudié Bob Marley

Enseignant en anglais à l’université de Toulouse-Le Mirail, Éric Doumerc vient de publier, aux éditions Camion blanc, «Le reggae dans le texte». Encore un livre sur le reggae ? Pas tout à fait. «S’il existe beaucoup de livres sur cette musique, il n’y en a quasiment pas sur l’analyse des textes du reggae», note-t-il, citant toutefois l’ouvrage de Denis Constant, «Aux sources du reggae», comme une influence majeure, mais déjà vieille de 32 ans.

«Il y a là une grande richesse, explique l’auteur, car le reggae se base, à l’instar du blues ou des griots africains, sur la prise de la parole et l’affirmation d’une identité.» Les thèmes développés dans le reggae sont essentiellement le mouvement rastafari, la prise de conscience de l’oppression subie par les communautés noires – sous l’impulsion du leader politique Marcus Garvey, qui fonde en 1921 la Jamaican Political Association et le People’s Political Party huit ans plus tard en 1929 – et le rapatriement prôné vers l’Afrique. Plus que le fond, qui n’apporte finalement pas grand-chose à ce que nous savons des mouvements de rébellion de la première partie du XXe siècle, c’est sur la forme utilisée dans les chansons engagées de la période 1967-1988 qu’Éric Doumerc a concentré sa passionnante analyse. «Les artistes utilisent beaucoup de proverbes, de dictions, des devinettes et des allusions, relève-t-il. La numérologie est également très présente, comme dans le fameux Two Sevens Clash du groupe Culture».

Numérologie et prophéties

Dans ce morceau fameux, numérologie (le chiffre 7 est associé à certains pouvoirs magiques) et prophéties (Marcus Garvey avait annoncé la fin du monde occidental et la naissance d’un monde plus clément pour les Noirs pour le… 7 juillet 1977) s’entrechoquent pour livrer un texte mystérieux et d’une profondeur fascinante. Mais qui dit reggae dit Bob Marley et Éric Doumerc analyse avec brio certains textes du génie jamaïcain, dont le fameux «Rat Race», en révélant les nombreux sens possibles de cette expression qui peut aussi bien désigner un panier de crabes qu’une course à l’argent ou une foire d’empoigne ! En linguiste rigoureux, Éric Doumerc a reproduit les textes originaux en en proposant une traduction précise et intelligente, qui éclaire parfaitement les propos des artistes ici étudiés, des Wailers à Peter Tosh en passant par Desmond Dekker et The Ethiopians, et en les replaçant dans leur contexte historique. L’ensemble procure une lecture éclairante, que complètent une large sélection discographique et biographique. A déguster dans un hamac, «Rastaman Vibrations» en lecture répétée sur la hi-fi.

«Le reggae dans le texte», par Eric Doumerc (éditions Camion blanc). 311 pages, 30 €.


La statut de Bob Marley dégradée !

Jamaïque: la statut de Bob Marley dégradée !

Pour beaucoup de jamaïcains, la simple mention du nom de Bob Marley évoque la fierté et la passion à la lumière de ses nombreuses réalisations. Il n’est donc pas surprenant que le peuple jamaïcain ait été choqué d’apprendre que la statut représentant son icône avait été endommagée. 

La statut de bronze, grandeur nature et sculpté par Alvin Marriott, a été tâchée de peinture rouge. Mais ce qui est le plus alarmant, c’est que les officiers de police, dont le poste se trouve à seulement quelques mètres de là, n’étaient pas au courant de cet acte délictuel. Plusieurs artistes et amis de la légende du reggae ont déclarés que le plus grand respect devait être montré à leurs monuments.

« C’est clairement un manque de respect pour une figure emblématique prisée dans le monde entier, et que cela se produisr dans son propre pays, cela montre un manque de respect pour tout et n’importe quoi. Je ne peux pas imaginer les motifs de la personne qui a fait ça. Ce n’est pas comme si c’était une personnalité politique ou quelque chose comme ça« , a déclaré Agent Sasco

De même, Allan ‘Skill’ Cole, proche ami et confident de Bob Marley, a également été bouleversé d’apprendre ça , « Je suis vraiment surpris par ce s’est passé, c’est déchirant. Nous devons certainement faire plus attention à ce symbole iconique et ce qu’il représente pour notre pays. Digicel Jamaica, qui a le droit d’utiliser l’image de Bob Marley, a déclaré être « découragé » par cette défiguration de la statut.

« Ce genre de comportement est inacceptable et il est regrettable que des personnes aient endommagé un monument de l’une de nos légendes locales bien aimées« . 

Jamaïque: la statut de Bob Marley dégradée !I-Octane, qui cite souvent Bob Marley comme celui qui l’inspire depuis toujours s’est dit lui aussi consterné, « C’est vraiment inquiétant. Bob Marley est une grande icône, non seulement pour la Jamaïque, mais pour le reste du monde.

Il a contribué au pays à bien des égards. Bob est la plus grande figure à venir de la Jamaïque, il est encore plus grand que la Jamaïque elle-même.

Savoir que la statut est traitée comme ça dans son pays d’origine est innacceptable. Nous devons traiter l’héritage de nos icônes avec respect« . 

Source davibejamaica


Julian Marley :  » C’est à nous de changer le monde « 

Julian Marley, 38 ans, prolonge l'œuvre de son père en composant de la musique reggae, dans la plus pure tradition roots.

 Interviewé hier, au saut du lit, à 17 h 30, Julian Marley, le fils de Bob, nous livre sa vision de la musique et du monde.

Comment allez-vous ? Bien dormi ?

« Je vais très bien. J’ai bien dormi oui, ça fait du bien. »

Comment vous sentez-vous à l’idée de jouer au festival Darc ?

« Je suis très heureux de partager la musique reggae avec les gens, j’aime la musique en général et ce qu’elle procure. C’est une bonne chose d’aller à la rencontre des gens. »

Savez-vous quelles chansons vous allez chanter ?

« Je ne sais pas encore trop. Il y en aura plusieurs de mon album Lion in the morning, ainsi que certaines de mon père que j’aime reprendre. »

Vous jouez du piano, de la guitare, de la batterie ; quel instrument préférez-vous ?

« Je ne peux pas les dissocier. La musique c’est un ensemble, si on devait choisir, ça deviendrait ennuyeux. »

Trouvez-vous le public français réceptif à votre musique ?

« Oui, les Français ont de bonnes valeurs, je sens de très bonnes vibrations quand je suis ici. »

Préparez-vous un nouvel album ?

« Oui, je suis en train d’écrire de nouveaux textes et nous allons nous rendre en studio pour travailler avec mes frères, tous ensemble. »

Avez-vous l’impression de prolonger le travail de votre père, de porter le même message ?

« Oui, c’est vrai, je suis dans la continuation. Mais c’est le message de Dieu que nous véhiculons, tout le monde peut le faire. »

Aimez-vous le monde dans lequel vous vivez ?

« J’aime le monde dans lequel je vis, mais pas la situation actuelle. Il y a trop de souffrance, trop d’injustice. C’est à nous de choisir ce que nous voulons. On peut tous faire des choses bien ou des choses mauvaises. C’est à nous de changer le monde. »

La musique, c’est un style de vie ?

« La musique, c’est comme une vibration. Vous ne pouvez pas la voir, mais vous pouvez la sentir. C’est un sentiment qui rassemble tout. »


LAURYN HILL : « UNE GRANDE PARTIE DES FONDATIONS DU MONDE MODERNE A ÉTÉ CONSTRUITE SUR LE TRAVAIL GRATUIT FORCÉ DES PERSONNES NOIRES »

L’ex-chanteuse des Fugees est accusée d’évasion fiscale à hauteur d’un million de dollars. Condamnée à trois mois de prison à compter du 8 juillet 2013, elle accuse le « racisme inversé » sur Tumblr.

Lauryn Hill plaide la cause du peuple noir contre le fisc américain.

La chanteuse américaine de 38 ans n’a pas déclaré au fisc américain 1,8 millions de dollars gagnés entre 2005 et 2007. Condamnée le 6 mai dernier par la cour fédéral de Newark à trois mois de prison, Lauryn Hill a tenu à compléter sa défense jeudi dernier dans une lettre ouverte publiée sur son compte Tumblr. Le message est clair : son combat contre le fisc américain est lié à l’héritage de l’esclavage noir aux Etats-Unis et à la défense légitime d’un peuple opprimé.

Selon ses propos, « le concept du racisme inversé est défectueux si ce n’est absolument ridicule. La plupart des réponses négatives des gens de couleur envers les blancs, ne sont que la réaction à la haine, la violence, la cruauté et la brutalité faites par les blancs pendant des siècles. Une grande partie des fondations du monde moderne a été construite sur le travail gratuit forcé des personnes noires. »

La justice américaine au banc des accusés

Elle poursuit : « je tremblais lors de la détermination de ma peine quand je ne cessais d’entendre l’expression de « restituer l’ensemble au fisc » … Pendant tout ce temps, je pensais, qui a indemnisé les personnes noires ? Qui a indemnisé pour voler, imposer, mentir et criminaliser les traumatisés, les prendre contre leur volonté, détruire leurs maisons, diviser leurs communautés, en « essayant » de voler leurs destins, leur temps, stagner leur développement, et je pourrais continuer encore et encore. »

Lauryn Hill s’en prend ensuite à la procureur qui l’accuse de n’avoir pas faire œuvre de travaux de charité pendant ses années d’exil et de jeune maternité. Elle la compare à un maître esclavagiste qui attendait des femmes qu’elles se remettent au travail aussitôt leur accouchement terminé. Lauryn Hill conclut enfin son plaidoyer par le dégoût profond que lui inspire cette justice.

Source http://negronews.fr


Programme chargé au Rototom Sunsplash 2013

Délocalisé à Benicassim en Espagne, le gigantesque festival se tiendra du 17 au 24 août. Huit jours qui laissent le temps d’accueillir un vaste contingent d’artistes reggae venus du monde entier.

Cette année, le Rototom accueillera notamment Damian Marley pour une date unique en Europe, Third World qui célèbre son quarantième anniversaire, mais aussi un clash Tony Matterhorn / Ricky Trooper arbirtré par Rory (Stone Love), Ini Kamoze mais aussi un large panel de la nouvelle scène jamaïcaine : Exco Levi, Dubtonic Kru, Iba Mahr, Kabaka Pyramid… et même la « fête du ska japonais » !

Samedi 17 août 2013 : Ini Kamoze, Royal Rudes feat. Black Talent, Morodo & Mad Sensi Band, Third World, Cornadoor & Dubby Conquerors, Global Warning, Mark-One, Poison Dart, Herb-A-Lize It, Vibronics feat. Jah Marnyah & Madu, Don Fe & Prince Jamo, Smooth Beans, Dr Jau, Jamaican Memories.

Dimanche 18 août 2013 : La Pandilla Voladora, U-Roy, Protoje & The Indiggnation Band, Killamanjaro, Iba Mahr, Kabaka Pyramid, Chantelle Ernandez, Reggaeland Sound, Urtica Sound, Fire Warriors, Mighty Crown, Blackboard Jungle feat. Roberto Sanchez, Irie Souljah & Sr Wilson, Raggattack & Ranking Forest, Bandits, Roy & Yvonne, Torpedo 17, Teddy « Dosdedos ».

Lundi 19 août 2013 : Dub Inc, Fermin Muguruza, Konshens, Israel Vibration & The Roots Radics, Tony Matterhorn vs Ricky Trooper, Exco Levi & Dubby Conquerors, Dubtonic Kru, Aba Shanti I, Thunda Clap feat. Solo Banton, Skaff Links, Naoki Ienaga, DJ Txako.

Mardi 20 août 2013 : Iberica All Stars, Fyahbwoy, Mr Vegas, Groundation, Sebastian Sturm & Exit Airline, Lion D & Dubtonic Kru, Jah Sun & Dubtonic Kru, Bizzari Sound, Rory Stone Love, Silly Walks, Iration Steppas feat. Danman, Ranking Joe, Jacin feat. Adam Raad, Akatz, Earl Gateshead & Natty Bo.

Mercredi 21 août 2013 : Skatalites, Dubheart, Cecile, Alborosie & Shengen Clan, Romi Anauel, Alerta Kamarada, Sentinel, Reggae Rajahs, Channel One, Jah Version feat. Nish Wadada, Lloyd Parks & We The People Band, Tasty Grooves, Dr Sapatoo.

Jeudi 22 août 2013 : Richie Spice, Sud Sound Sytem, Africa Unite, Busy Signal & High Voltage Band, Mellow Mood, Illbilly Hi Tec feat. Longfingah, Cian Finn, Dactah Chando, King Horror, Robbo Ranx, Black Chiney, Jahtari feat. Speng Bond, OBF feat. Macky Banton & Shanty D, Offbeaters feat. Kat.

Vendredi 23 août 2013 : Nneka, John Holt, Leroy Sibbles, Anthony B, Contratempo, Elijah, Train To Roots, Cecil Ruben, Renaissance, Warrior Sound, Zion Train feat. Dubdada, Digitaldubs feat. YT, Kinky Coo Coo’s, Blackup, Saul Skaba &Miquel Injection.

Samedi 24 août 2013 : Misty In Roots, Gondwana, Damian Marley, Green Valley, Royal Rudes, Macro Marco, DJ Indi, Madkid, Jah Tubby’s feat. Professor Natty & Gregory Fabulous & Macky Banton, Legal Shot, Transilvanians, Roy Ellis, Fatta (Soul Stereo).

Sans oublier les conférences, ateliers et rencontres proposées dans le Forum Social, l’Université Reggae, le Village Africain…
Toutes les infos sur : www.rototomsunsplash.com

 

Source http://www.reggaefrance.com/


La vérité sur les cheveux « mystiques » de Bob Marley

Bob Marley, Robert Nesta Marley, est décédé le 11 mai 1981. Sa mort a soulevé d’étranges questions dont certaines tournaient autour de ses cheveux. La première rumeur, dont beaucoup auront entendu parler sur les bancs de l’école, est qu’une dizaine d’espèces différentes d’énormes insectes auraient été trouvés dans ses locks à sa mort – cette rumeur est appuyée par le fait que certains pensent encore que les locks sont une coiffure qu’il ne faut pas laver.

1. Y avait-il des insectes dans les locks de Bob Marley quand il est décédé ?

Cette rumeur est complétement fausse. La première preuve étant que Bob Marley était chauve lorqu’il est décédé à l’âge de 36 ans. Ses traitements médicaux avaient fait tomber tous ses cheveux bien avant sa mort – il n’existe qu’une ou deux photos circulant dans les livres d’archives. Certains porteurs de locks sont encore victimes de ce type de rumeur à ce jour, créée plus particulièrement pour les diaboliser.

2. Est-ce que les dreadlocks de Bob Marley ont été vendues aux enchères ?

C’est exact en partie. Une des dreads de Bob Marley a été vendue aux enchères. Il l’avait donnée à une fan lors d’un concert en 1980 et la dread a été mise en vente le 30 avril 2003 à Londres. Christie’s est la plus grande maison de vente aux enchères au monde et témoignait que ce type d’objet est très rare. La femme qui l’a vendue était une grande fan mais avait perdu un peu de son enthousiasme et avait décidé de mettre l’objet à disposition de quelqu’un qui l’apprécierait encore plus.

3. Est-ce que Bob Marley et les porteurs de dread en général sont nappy et aiment leurs cheveux naturels ?

100% oui. Pour Bob Marley les dreadlocks étaient plus qu’un style de coiffure, ils revêtaient aussi une dimension culturelle. Le mot natty est l’argot jamaïcain pour dire nappy, et dans sa chanson ‘natty dread’ Bob Marley parlait de la beauté des locks, et des cheveux naturels en général. Un des combats de sa vie était de faire que les noirs acceptent leurs cheveux crépus sans se sentir obligés de ressembler aux autres civilisations.

LA VERITE SUR LES CHEVEUX 'NAPPY' DE BOB MARLEY ET LES RUMEURS QUI ENTOURAIENT SES LOCKS ET CEUX DES JAMAICAINS - judah lion4. Est-ce que Bob Marley et tous les porteurs de locks sont des rastafariens ?

Tous les locksés ne sont pas des rastafariens mais Bob en était un. Beaucoup de gens eux-mêmes portant cette coiffure en Jamaïque, fief de cette religion, ne sont pas des rastafariens. D’ailleurs là-bas aussi les locks sont parfois mal vus. Mais cette coiffure est née à l’époque de l’émancipation et était une façon pour les anciens esclaves de défier le pouvoir européen. Les blancs avaient baptisé les cheveux locksés qu’ils considéraient sales ‘dreadful’, et le mot a ensuite évolué en ‘locks’.

Les locks sont aussi associés au symbole du lion, nom donné à l’empereur Haile Selassie. Le lion est clairement pour eux le roi de la jungle.

5. Est-ce que Bob Marley avait vraiment les cheveux noirs ?

Faux. La couleur des cheveux de Bob Marley était en réalité châtain. Bob Marley était métis et bien que porte-parole de la communauté noire ce côté de son identité a toujours été un problème pour lui dans ses jeunes années ; le fait d’avoir un père blanc et une mère noire lui a valu beaucoup de critiques. Rita Marley elle-même racontait à quel point Bob se sentait insécuritaire par rapport à cela et il lui avait demandé depuis de nombreuses années de polir ses cheveux à l’aide de cirage à chaussures pour les « rendre plus noirs, plus africains ».

 

Dans la vidéo rare ci-dessous, Bob Marley répondait à un journaliste français à propos de ses cheveux :

 


Enquête exclusive Replay M6 : revoir « Rastas, gangs et ganja » sur M6 Replay !

Ce Dimanche 7 Avril 2013, M6 diffusait une nouvelle émission de « Enquêtes exclusives » concernant la Jamaïque et tous le sujets qui ont fait la réputation de cette petit île : « Rastas, gangs et ganja ». Si  vous avez manqué ce reportage sur le pays des Bob Marley, redécouvrez cette émission pleine d’adrénaline mais également de rencontres extraordinaires en regardant « Enquêtes exclusives » sur M6 Replay en vidéo !

Tout le monde connait la Jamaïque et tout le monde a une idée sur cette petite île rendue célèbre notamment par le chanteur de reggae Bob Marley et le sprinteur Usain Bolt ! Après avoir découvert la fièvre de l’Or dans Enquête Exclusive sur l’Australie, découvrez la Jamaïque sur M6 !Derrière les paysages de rêve de cette île des Caraïbes se cache une réalité plus sombre, celle du trafic de drogue et de la guerre des gangs. A Kingston, la capitale, «Shan 14», chef d’un groupe de jeunes, vit grâce à l’argent de la drogue et du proxénétisme. Dans l’émission Enquête Exclusive sur M6 Replay, Bernard de La Villardière s’intéresse également au rastafarisme, une religion inspirée du christianisme, qui utilise la ganja, le cannabis local, pour accéder au divin.

enquete-exclusive-M6

Si vous souhaitez revoir l’émission « Enquêtes Exclusives » de M6, nous vous conseillons d’aller sur le site vidéo de la chaine, M6 replay qui vous permettra de revoir les 2 émissions et encore bien d’autres séries et émissions des chaines M6, gratuitement et directement sur votre ordinateur ou votre tablette ! Profitez en et n’hésitez pas à partager votre avis sur cette émission de reportage directement dans les commentaires ci dessous !


Le père de Bob Marley serait juif

Le Magazine Tablet affirme que la grand-mère paternelle de Bob Marley serait une jamaïcaine blanche  juive d’origine syrienne qui s’appelait  Ellen Broomfield !

bob_marleyLe père de Bob Marley s’appelait  Norval et serait le fils d’Ellen Broomfield.

Norval Marley est né en Jamaïque en 1885  et, au moment où il était avec Cedella, la mère de Bob Marley, il aurait eu 60 ans.

La relation de Norval Marley  avec Cedella, la mère de Bob,  n’aurait  pas duré longtemps car Narval  est mort d’une crise cardiaque quand Bob Marley avait 12 ans.

En tout cas, Bob en aurait 68 aujourd’hui et cette découverte explique peut-être l’histoire d’amour entre les juifs et Bob Marley, ce qui n’est pas un secret.

Et puis Bob a aussi chanté des tubes planétaires comme  « Exodus » ou « Iron Lion Zion » ou encore « Redemption Song».

Mais rappelez-vous : Ziggy Marley, le fils de Bob, en concert à Tel-Aviv le 19 juillet 2011, s’était confié au Yediot Aharonot et disait se sentir très proche d’Israël ;  pas étonnant, puisque Ziggy est marié à Orly, née en Israël, et le couple a trois enfants : une fille nommée Juda Victoria, un garçon appelé Gédéon, et un autre Abraham Sélassié.

Ziggy Marley déclarait que, n’ayant pas d’autre choix, il célébrait les fêtes juives et était « très jaloux » de la culture juive. « L’histoire de notre connexion aux racines d’Israël, David, Salomon, remonte bien avant que je ne rencontre ma femme », disait-il . « Mon père et ma culture rastafari ont un lien étroit avec la culture juive. J’ai un lien fort avec les juifs depuis que, jeune enfant, je lisais l’Ancien Testament ».

« La culture rastafari a un lien très fort avec Hailé Sélassié, un descendant du roi Salomon. Alors forcément, le lien avec le judaïsme est essentiel pour les rastafaris. »

Ziggy a donc des enfants juifs et a maintenant peut-être une autre raison de se sentir proche d’Israël, puisque son arrière-grand-mère serait juive ! La boucle est bouclée.

Alors, on écoute encore une fois  « Exodus », pour la route !

 


Les 68 ans de Bob Marley soulignés en Jamaïque

Les 68 ans de Bob Marley soulignés en Jamaïque

Des centaines de touristes se sont joints aux prêtres rastafariens et aux musiciens rassemblés mercredi dans la vieille maison de Bob Marley en Jamaïque pour célébrer le 68e anniversaire de naissance de la légende du reggae.

Depuis qu’il a succombé à un cancer en 1981, Bob Marley est devenu plus qu’un chanteur célèbre. Son message d’unité et de respect reste une importante source d’espoir en Jamaïque, aux prises avec un taux de chômage élevé et des violences répandues.

Mercredi, certains proches et anciens amis de Bob Marley ont dansé et chanté au son des tambours sur le terrain de sa maison de Kingston, la capitale, qui abrite désormais un musée.

La ministre jamaïcaine de la Culture, Lisa Hanna, a déclaré que les paroles de ses chansons étaient toujours pertinentes et appelaient les Jamaïcains à créer «une société plus saine, plus attentionnée, plus pacifique et plus progressiste».

 

Plus de 30 ans après sa mort, Bob Marley reste une personnalité populaire partout dans le monde.


CES 2013 : House of Marley monte le son de l’écoconception

La marque à l’effigie de Bob Marley présentait pour la seconde année consécutive à Las Vegas ses appareils audio écoresponsables…

De notre envoyé spécial à Las Vegas

Get up, stand up ! Au CES de Las Vegas qui vient de fermer ses portes, le stand de la marque House of Marley donnait clairement envie de se lever et de se bouger ! Décors boisés, tapis colorés, DJ mixant les tubes de Bob Marley, personnel au dress code déclinant à l’envi l’iconique veste kaki du monstre sacré du reggae… l’ambiance était à mille lieues de celle rencontrée dans bien des allées austères du salon de l’électronique grand public. Dans cet oasis à la politique marketing réglée au décibel près, la marque House of Marley présentait ses futurs tubes : des casques audio ainsi que des stations d’accueil écoresponsables et dont une partie des bénéfices est reversée à l’organisme caritatif One Foundation.

40% de plastiques recyclés

Apparus il y a un an, disponibles en France à la Fnac depuis mai (et désormais chez Boulanger et Virgin), les produits House of Marley sont fabriqués « à base de plastiques recyclés », rappelle Omar Kobzili, directeur des ventes (français, qui plus est…). Leurs housses sont quant à elles conçues à partir de bouteilles plastiques recyclées (40%), de chanvre (30%) et de coton bio (30%). Impossible, par contre, de connaître la part du prix de vente du produit reversé à la fondation crée en 2010 par Rita Marley… En attendant, on craque déjà pour Chant, une petite enceinte nomade en bambou (89 €, en mai/juin), ou One Foundation, enceinte sans fil à la puissance de 200 watts (800 €, fin 2013). Côté casques audio, la marque entend « dominer le marché fashion des casques entre 50 et 100 euros », selon Omar Kobzili.

Christophe Séfrin


Produits de House of Marley – Future Shop au CES 2013

Jetez un coup d’œil à ces produits de House of Marley qui vous permettront de poursuivre la fête.

 Le haut-parleur Bluetooth Chant est un appareil vraiment très compact qui vous permet de diffuser de la musique sans fil. Sa pile rechargeable intégrée, son entrée 3,5 mm et son étui de transport REWINDMC facilitent la connexion de centaines d’appareils compatibles afin que vous diffusiez vos chansons préférées où et quand bon vous chante. Comme il comprend un microphone intégré doté d’une fonction pour répondre ou mettre fin à un appel, le haut-parleur Chant est sans doute le meilleur des postes téléphoniques à haut-parleur.

 

 Amenez la fête avec vous sur le balcon ou à l’intérieur de la maison avec le système audio Bluetooth Get Together. Celui-ci joint l’utilité de sa pile intégrée au côté agréable et pratique de la diffusion de musique sans fil. Amenez cet élégant et puissant système audio où bon vous semble en diffusant de la musique avec ses deux haut-parleurs à gamme complète de 3,25 po et ses deux haut-parleurs dédiés aux aigus.


Des cours sur Bob Marley à l’université de New York

News reggae : Des cours sur Bob Marley à l'université de New York

Bob Marley sera le thème principal de cours dispensés au Clive Davis Institute of Recorded Music de l’université de New York, du 7 au 26 janvier 2013.

La journaliste et musicologue anglaise Vivien Goldman a en effet décidé de se pencher sur le chanteur jamaïcain dans un cours intitulé « Bob Marley & Post-colonial Music », en expliquant, notamment, comment l’icône jamaïcaine est « devenue un leader musical et révolutionnaire du 20e siècle. »

Celle que l’on surnomme la « Punk Professor » abordera différents thèmes liés au chanteur, comme l’histoire et la culture de la Jamaïque, les liens entre la Jamaïque et la Grande-Bretagne, l’évolution de « Nesta » en tant que musicien et parolier, ses collaborations avec les Wailers et Lee Perry, son combat permanent pour conserver le contrôle de sa musique, ou encore son engagement envers le panafricanisme et le mode de vie rasta.

Responsable des relations publiques d’Island Records à Londres dans les années 1970, Vivien Goldman a déjà écrit deux biographies sur Bob Marley : « Bob Marley: Soul Rebel – Natural Mystic », en 1981, et « The Book of Exodus : The Making and Meaning of Bob Marley & the Wailers’ Album of the Century », en 2006.

Plus d’informations sur Vivien Goldman sur son site officiel


‘Marley’ disponible en DVD

Le fameux documentaire « Marley » de Kevin Macdonald est disponible en DVD depuis le 28 novembre. Comme d’habitude avec Bob Marley, le marketing est soigné et ce n’est pas moins de 3 coffrets qui vous sont proposés : le DVD collector 3 disques, le Blu-Ray Combo 3 disques et le Coffret Edition Ultime.

Chacune des offres propose le DVD du film, un DVD bonus (concert à Manhattan juin 1975, un docu sur l’héritage de Marley et des versions intégrales de certains entretiens réalisés pour le film), ainsi qu’un CD rassemblant les plus anciens titres de Bob comme « Small Axe », « African Herbsman », Duppy Conqueror »…

Le Coffret Edition Ultime, lui, comprend en plus un livre de photos de 142 pages, l’affiche du film et un jeu de 5 photos imprimées.

Vous cherchiez une idée pour vos cadeaux de noël ?


Concert de reggae et ciné autour de Bob Marley

Une longue soirée autour de la légende du reggae est proposée demain soir.

Bob Marley en 1976, à l'issue d'un concert de musique jamaïquaine. Il est décédé dans un hôpital de Miami, le 11 mai 1981 à l'âge de 36 ans, des suites d'un cancer.

Bob Marley en 1976, à l’issue d’un concert de musique jamaïquaine. Il est décédé dans un hôpital de Miami, le 11 mai 1981 à l’âge de 36 ans, des suites d’un cancer. (PHOTO archives afp)

Demain, à partir de 19 heures, la Ville de Jonzac et le cinéma Le Familia proposent au public une soirée très particulière en hommage à Bob Marley, décédé à l’âge de 36 ans des suites d’un cancer, dans un hôpital de Miami, le 11 mai 1981. Cette soirée, qui commencera à 19 heures, aura lieu en deux temps. Avec, en première partie, un concert de reggae du groupe de David Cairol. Et, après l’entracte, aura lieu la projection du film « Marley » de Kevin Macdonald, sorti en juin dernier.

David Cairol connaît bien la musique de Bob Marley puisqu’il a joué avec certains membres du groupe The Wailers (Junior Marvin et Al Anderson) et qu’il travaille avec Stephen Marley, fils de Bob, sur de futurs projets musicaux. David vient aussi de sortir un album réalisé en collaboration avec le bassiste du groupe Sinsemilia. Et quoi de mieux pour rendre hommage à Bob Marley que de rejouer ses compositions et de les accompagner avec des créations nouvelles, preuve que cette musique vit toujours.

Sa vie, son œuvreQuant au film « Marley », sorti en juin dernier, c’est un documentaire sur la vie et l’œuvre « de celui qui a fait découvrir au monde le reggae, un riche dérivé du blues qui a considérablement influencé la musique populaire occidentale ». Le synopsis du film montre « la place de Bob Marley dans l’histoire de la musique. Son statut de figure sociale et politique et l’héritage qu’il laisse sont uniques et sans précédent. Ses chansons délivrent un message d’amour et de tolérance, de résistance à l’oppression, et transcendent les cultures, les langues et les religions aujourd’hui encore, avec la même force que lorsqu’il était en vie ». En collaboration avec la famille de l’artiste – qui a ouvert ses archives privées pour la première fois – « Kevin Macdonald a réuni une mine d’informations, des images d’archives rarissimes et des témoignages poignants qui interrogent le phénomène culturel tout en dessinant le portrait intime de l’artiste, depuis sa naissance jusqu’à sa mort, faisant définitivement de  »Marley » le film documentaire de référence, au moins pour les trente années à venir. »

 

(Source AlloCiné).


Ethiopie Les bourreaux dans le box

Le « dictateur rouge », Mengistu Hailé Mariam, réfugié à l’étranger, n’est pas là. Mais les autres, ceux qui avaient sous ses ordres institué le règne de la torture et de l’assassinat, sont aujourd’hui confrontés à leurs victimes devant un tribunal d’Addis-Abeba. Procès moins exemplaire que ne le voudraient les maîtres du nouveau régime ? Sans doute. Mais il permet de faire entendre enfin des témoignages accablants sur une terreur qui se prétendait « révolutionnaire » et sur laquelle le monde extérieur a préféré fermer les yeux. Jean-Paul Mari a assisté aux audiences

Il était une fois un dieu vivant, appelé le négus, le Roi des Rois, qui vivait dans un palais du bout du monde et régnait sur un empire… L’histoire de l’Ethiopie moderne commence comme un conte du soir pour enfants. Elle se finit au petit matin du 25 août 1975 dans l’horreur. Par la mort de l’empereur Hailé Sélassié, étouffé sous un vulgaire coussin imbibé d’éther. Il était une fois la révolte des humbles, des opprimés, des fils d’esclaves… Là aussi la révolution marxiste-léniniste des soldats de Mengistu sonne comme l’espoir d’un peuple. Elle se traduit, entre 1974 et 1991, par la « terreur rouge » et une dictature sans égale en Afrique. Il était une fois l’Abyssinie, lieu de tous les mythes, surnommé « le pays des treize mois de soleil », paradis « où coule le miel », peuplé d’« hommes au teint brûlé » qui aujourd’hui encore ne cessent d’invoquer l’or et la gloire du passé pour oublier que la pluie est froide sur les hauteurs d’Addis-Abeba, les terres basses trop sèches, la famine toujours menaçante et la pauvreté affreusement spectaculaire. Que savons-nous de ce trou noir de l’Afrique ? La date d’une bataille historique, en 1896 à Adoua, où les Ethiopiens ont vaincu les troupes italiennes ? Quelques clichés romantiques d’un faste révolu ? Ou surtout ces images fantomatiques d’enfants-vieillards du Wollo, un concert et un disque, « Pour l’Ethiopie », au hit-parade mondial de l’humanitaire… C’est tout. Et c’est bien peu. On traverse la capitale au petit matin et la lumière grise dévoile la nudité d’une cité du tiers-monde. Addis a des allures de ville indienne quand la fumée blanche des braseros accroche les toits de tôle, l’accent du désert d’Arabie dès qu’un éclat de voix dans la rue révèle une sonorité sémite et un petit air d’Asie hors du temps quand l’écriture amharique dessine des fresques mystérieuses. Mais elle redevient l’Afrique quand les femmes noires passent, nonchalantes et cambrées, à l’ombre des grands flamboyants. D’emblée Addis est insaisissable. On la sent feutrée, silencieuse, secrète. Sûre de sa culture deux sinon trois fois millénaire, sûre de son héritage, divin d’abord – fille de l’Eglise copte orthodoxe, petite-fille du roi Salomon et de la reine de Saba -, impérial ensuite, de Ménélik à Hailé Sélassié. Ici on pense que l’étranger peut le rester. Que le monde, son histoire, sa culture et sa religion sont ici rassemblés. Que tout est déjà dit. Le reste : la guerre, la misère, la mort, n’est qu’incident, une virgule dans le grand livre d’Abyssinie. Le dernier chapitre 1974-1991 est pourtant taché d’un flot de sang. Il coule tout au long des 300000 pages du dossier d’instruction du procès contre le régime de Mengistu Hailé Mariam, maître absolu de l’Ethiopie, révolutionnaire impur et dur, marxiste-léniniste de circonstance et vrai boucher de son peuple. 100000 à 200000 personnes balayées par la « terreur rouge », l’emprisonnement, la torture et l’assassinat considérés comme un objectif national. Un million et demi d’hommes, de femmes et d’enfants morts, toute une génération emportée par la famine, une aide alimentaire détournée, la guerre en Erythrée, et une frénésie de massacres. Un crime contre l’humanité. L’Ethiopie juge son passé ? Oui, mais dans un silence mondial qui ressemble fort à de l’indifférence. Pourtant, le « Nuremberg africain » vaut bien le Rwanda ou la Bosnie. Même si le procès, ouvert en décembre 1994 et dix fois suspendu, ajourné, reporté, s’est longtemps enlisé dans la procédure avant d’en arriver à l’essentiel : l’audition des premiers témoins, le récit des victimes, le face-à-face avec leurs bourreaux. Ils sont là. Sages et disciplinés comme une flopée de notables cravatés, en civil, la soixantaine respectable. Lui, au premier rang à gauche, s’appelle Fikresélassié Wegderes. Mince, ascétique, l’oeil attentif, un petit sourire qui flotte en permanence sur une absence de lèvres, il était capitaine et Premier ministre du Derg, le comité révolutionnaire qui dirigeait le pays sous Mengistu. Au centre, le major Fiseha Desta, ex-vice-président, grosse bague au doigt, belle allure d’homme d’affaires international dans son costume bleu électrique. A droite, un homme appuyé sur sa canne, l’air penché et la barbe neigeuse d’un vieux sage de village africain : le colonel Teka Tulu, ex-chef de la Sécurité, était surnommé « l’hyène »… Ils sont quarante-six dans le box des accusés. Avec à peu près autant d’avocats. La salle est petite, bondée et très surveillée. A l’entrée, les gardes portent des grenades à la ceinture et des soldats, kalachnikov au poing, marchent sur les toits des maisons alentour. De gros projecteurs éclairent l’amphithéâtre reconverti en tribunal de l’Histoire. On lève la tête. Au plafond, une grosse plaque de bronze est toujours là, frappée de l’étoile rouge, faucille et marteau sur fond d’Ethiopie. C’était il y a cinq ans à peine. On peut encore lire un slogan, gravé sur le métal : « Nous dominerons non seulement les réactionnaires, mais la nature tout entière ! » Les ombres de Ceausescu et de Pol Pot passent dans la salle surchauffée. On frissonne. Mengistu n’est pas là. Juste avant que les guérilleros du Tigré ne s’emparent de la capitale, il a fui vers le Zimbabwe de son ami le président Robert Mugabe. Depuis, il vit à Gun Hill, un faubourg chic de Harare, la capitale, brutalise ses gardes du corps, tempête contre les « usurpateurs » et dépense une fortune en téléphone pour essayer de convaincre le monde entier que « les ennemis du peuple ne comprennent qu’une chose : la force ! ». Personne ici n’a oublié le personnage en uniforme et casquette, silhouette cambrée montée sur talonnettes, poing levé et bouche menaçante. Mengistu, absent, sera jugé par contumace, comme quelques dizaines d’autres responsables morts ou en fuite. Aujourd’hui on commence par juger les membres du Derg, accusés de génocide. Ensuite il faudra statuer sur le sort des ministres, des hauts responsables politiques, civils et militaires. Tous seront à nouveau face au tribunal pour répondre de crimes de guerre. Après, on examinera le cas des simples exécutants, hommes de main, bourreaux et tortionnaires. Parmi eux un militaire, Mamo Walde, ancien médaille d’or aux jeux Olympiques de Mexico. Qui juge-t-on ? Les hommes ou le régime ? La responsabilité individuelle ou collective ? Réponse : les deux à la fois ! Un procès lourd, difficile et effroyablement compliqué. Il a fallu près de quatre années d’enquête pour boucler le dossier d’instruction, recueillir les témoignages aux quatre coins de l’Ethiopie, ouvrir toutes les archives, regrouper des montagnes de documents, les trier, les classer et les analyser. Comment préparer les dossiers ? Et quelle loi appliquer ? Avec quels moyens ! Au début, la tâche paraît insurmontable : « Pour ce travail de titan, je disposais de… vingt-huit magistrats et de trois véhicules ! », se rappelle Ghirma Wakjira, procureur général d’Addis-Abeba, aussi épuisé que tenace. La communauté internationale investit 5 millions de francs. On achète quelques dizaines d’ordinateurs. On fait venir de Paris Pierre Truche, premier magistrat, procureur du procès Barbie, et de Buenos Aires des spécialistes argentins qui fouillent les fosses communes. Les vingt-huit magistrats éthiopiens, à la fois enquêteurs, juges d’instruction et procureurs, écument les routes défoncées d’un pays grand comme deux fois la France. Le résultat : 2500 témoignages, un monumental dossier d’instruction et 4000 inculpés dont la moitié attendent dans les prisons du pays. Certains risquent la peine de mort. Ce matin, à l’audience, le climat est de plus en plus lourd. Le « témoin no 1 », Teshomé, vient de finir sa déposition. Elle est accablante. L’incident est inévitable. Les avocats attaquent : « Vous êtes un témoin hostile ! » A la barre, l’homme se rebiffe : « Vous n’avez plus à me dicter vos ordres ! » Le président écrase sa sonnette pour exiger le calme. Un des avocats désigne son client : « Etes-vous capable d’identifier cet homme ? » Le témoin secoue sèchement la tête : « A vrai dire, je ne vois rien qui ressemble à un être humain dans ce box ! » Le passé, sa haine et sa violence, est trop proche. L’enjeu trop important. Et Teshomé, lui-même ancien magistrat et ministre d’Etat de l’empire, est un témoin capital. A partir de ses déclarations on peut reconstituer un des actes fondateurs de la dictature Mengistu. Cela a commencé par un vote à main levée, un serment solennel lié par le sang, s’est poursuivi par la mise à mort du « père redouté », l’empereur, puis a rapidement gagné tout le pays, par cercles successifs, pour finir par écraser tout un peuple. « J’ai été arrêté le 22 novembre 1974 à 11 heures du soir, raconte Teshomé, qui reçoit dans sa villa protégée par des grilles et des gardiens. Bizarrement, je n’étais pas inquiet. » Il ne sait pas encore. Certes, les militaires du Derg ont pris le pouvoir six mois plus tôt, mais la violence n’a pas encore envahi le pays. Les Ethiopiens n’ont rien fait pour empêcher la chute d’un négus vieillissant qui, à la veille du coup d’Etat, fête l’anniversaire d’un proche avec un gâteau importé d’Italie, pendant que la révolte des affamés gronde sous ses impériales fenêtres. Teshomé est jeté dans une cave humide et glaciale. Il y retrouve 182 autres détenus, la fine fleur du régime, parmi lesquels le Premier ministre, « homme de 62 ans, d’une immense culture, qui parlait mieux le français que l’amharique ». Le lendemain, vers 18 heures, un militaire ordonne à un groupe de prisonniers de monter dans un camion qui les attend. « Ils nous appellent pour nous tuer… », note calmement le Premier ministre. Teshomé, incrédule, tente de le rassurer. D’ailleurs l’officier a promis qu’ils seraient de retour pour le dîner. Le Premier ministre sourit, secoue la tête et dit en français : « Cher Teshomé, en tant qu’ancien avocat, soucieux du droit, vous êtes victime de votre déformation professionnelle. » Et il monte, enchaîné, avec les autres dans le camion militaire. La suite ? On la voit dépeinte sur le mur d’une petite crypte interdite enfouie près de la grande église orthodoxe en plein centre d’Addis. Sur la fresque naïve, aux couleurs brûlées du pays, tout est dit : les prisonniers que l’on emmène enchaînés, les malades que l’on traîne sur le sol, un militaire qui commande le peloton d’exécution, la longue rafale, et les hommes que l’on jette dans la fosse commune. De chaque côté du mur, une série de portraits du Premier ministre, de ministres, de gouverneurs de province, du fils aîné d’Hailé Sélassié, du commandant de la garde impériale ou du président de la Croix-Rouge… Cinquante-neuf dignitaires assassinés, l’élite d’un empire décapitée. Dans sa cave, Teshomé, miraculeusement épargné mais toujours incrédule, commence à s’inquiéter au petit matin : « Le Derg avait son bureau au-dessus de notre prison. Les fenêtres étaient ouvertes. On les entendait crier. Ils étaient ivres… Puis la BBC a annoncé l’exécution. Et le lendemain, c’est le journal officiel qui a donné la liste des personnalités assassinées. » Un autre témoin dira comment les hommes du Derg ont pris la décision : à main levée, sous la direction de Mengistu. Désormais les conjurés sont liés par un pacte sanglant. Reste l’obsession de Mengistu, son cauchemar : Hailé Sélassié, le négus, dieu vivant, symbole de la continuité impériale. Lui, Mengistu, fils bâtard d’un soldat et d’une mondaine de la cour, ne supporte plus de vivre sous cette ombre portée à son pouvoir. Depuis des mois il lui rend visite dans sa minuscule chambre-prison aménagée au Jubilee Palace. Le nouvel homme fort n’ose pas élever la voix devant ce frêle monarque de 83 ans. Chaque fois la question est la même : « Où est le trésor secret de l’empire ? Les 11 milliards de dollars ? Dans quelle banque en Suisse ? Le numéro de compte ? » Inflexible et hautain, le monarque nie. Non content d’exister, il résiste ! Et Mengistu ne le supporte pas. Plus de vingt ans après, dans une villa de la périphérie de la capitale, un petit homme effacé pleure en silence. Aujourd’hui encore il se lève quand un ancien membre de l’entourage du négus entre dans la pièce. Eshetu était le serviteur de l’empereur. « C’était le 25 août 1975. Quand le militaire m’a ordonné de quitter ma chambre, j’ai su que quelque chose de mauvais allait arriver », raconte Eshetu. Le négus n’a plus de téléphone, plus de radio, mais son fidèle serviteur ne le quitte jamais. Il lui sert à dîner, dort à proximité et lui apporte son petit déjeuner, une tasse de café et un peu de porridge, à 8 heures précises. Quand le négus a été arrêté, Eshetu a vu arriver le colonel Daniel, militaire brutal : « Quel est votre but ?, a demandé Hailé Sélassié.- Faire descendre ceux qui sont au sommet et faire monter ceux qui sont en bas !, a dit le révolutionnaire. Ce serait bien, a répondu l’empereur, mais vous ne serez pas capable de mener ce projet à bien. » Changer de chambre ? Eshetu s’affole et court prévenir l’empereur : « Il était déjà couché, il s’est levé, a mis son châle de prière, le chamma, et s’est dirigé vers la fenêtre face à l’église Sainte-Marie. » Le négus a compris. « Il s’est mis à prier, je voyais les larmes couler de ses yeux et je l’ai entendu dire : « Ô Ethiopie, n’avons-nous pas fait tout notre possible pour vous ? » Puis il a tendu les mains comme pour s’en remettre à Dieu. » Le militaire entraîne Eshetu hors de la chambre. « J’étais enfermé à clé. Toute la nuit j’ai entendu des va-et-vient. Je tremblais d’angoisse. » Au matin, on lui demande d’aller servir le petit déjeuner. « En entrant dans la chambre, j’ai senti une puissante odeur d’éther. L’empereur était couché sur le dos, les yeux fermés, la couverture remontée jusqu’à la poitrine. Lui au teint d’habitude si pâle avait le visage violacé. Je me suis évanoui… » Quand il revient à lui, il voit passer un cercueil suivi par Mengistu. Le nouveau négus « rouge » ordonnera à un architecte de creuser plusieurs excavations dans son palais pour que personne ne sache où est enterré le monarque. Bien plus tard on retrouvera la dépouille de l’empereur enterrée à six pieds… au-dessous du bureau de Mengistu. Quant à Eshetu, serviteur fidèle et brisé, il devra rester au palais comme domestique au service des assassins du Derg. Le gouvernement décimé, le négus étouffé, l’empire aboli… Tous les tabous sont tombés. Désormais les révolutionnaires peuvent s’entre-tuer. Mengistu fait d’abord éliminer ses concurrents, « capitulards » ou « révisionnistes ». Parmi les partis de gauche, tous sont marxistes, tous veulent l’émancipation des paysans et la séparation de l’Eglise et de l’Etat, mais personne n’est d’accord sur la méthode. Il y a les hommes du Derg, les « gauchistes » du PRPE et ceux du Meison. En 1977, une campagne d’attentats est lancée contre la junte : c’est la « terreur blanche ». Mengistu répond en décrétant la « terreur rouge ». Addis-Abeba n’a pas oublié son discours en place publique, sa main droite qui s’abat trois fois vers le sol, faisant exploser trois bouteilles rouges comme du sang : « Mort à l’impérialisme !… au féodalisme !… au capitalisme bureaucratique ! » A 73 ans, Bermanu Meshesha vit toujours dans le quartier de Casanchis, magma de ruelles défoncées, de dépôts d’ordures et de maisons de tôle, en plein centre d’Addis. Bermanu avait quatre enfants et deux neveux qui dormaient sous son toit. Le plus vieux avait 18 ans, le plus jeune 12 ans. Les militaires sont venus les prendre un matin d’avril à 6 heures. « Ne vous inquiétez pas. On sait qu’ils n’ont rien fait, a dit l’officier. Simple interrogatoire. Ils reviendront. » Les gosses sont partis en pyjama. A midi, Bermanu est allé leur porter à manger au « kébélé », le comité de quartier. Ses enfants avaient déjà été transférés au 6e bureau de police. Bermanu est allé voir. « Nourriture interdite. Questions interdites. Partez ! », a lâché un fonctionnaire. « Le soir, un de mes neveux a réussi à téléphoner. Il avait trois balles dans le corps. On l’avait laissé pour mort. Les autres… » Tous abattus d’une rafale dans un terrain vague. Bermanu veut récupérer les corps, trouve des caisses en bois, cercueils improvisés : « La morgue était pleine, partout des corps de gosses, des cris, le chaos. Les militaires ont bousculé mes cercueils et jeté à terre les corps de mes enfants. » Eté 1976, 1977, 1978… Trois vagues de terreur rouge. Mengistu écrase d’abord le PRPE puis le Meison, puis ceux qui émettent la moindre critique. « La cible idéale était l’étudiant, de 12 à 20 ans, garçon ou fille… La fleur de la jeunesse éthiopienne, explique un universitaire. On a décapité une génération de l’intelligence. » C’est l’époque où chaque matin on expose 150 à 200 cadavres de jeunes sur les trottoirs d’Addis. Interdiction de poser la moindre question, de s’arrêter si on a reconnu un frère, un ami, un voisin. C’est le temps où les enfants étranglés avec une corde de nylon, le « noeud papillon de Mengistu », sont jetés dans les dépotoirs de la ville. Dans les 293 « kébélés », comités de quartier transformés en prisons ou en écoles révolutionnaires, on oblige les plus jeunes à cracher et à chanter, poing levé, devant les tas de cadavres de leurs camarades d’école. Une loi abaisse à 8 ans l’âge pénal. C’est le temps où paraît un journal nommé « Terreur ! » avec à la une une énorme flaque de sang stylisée, où la radio annonce les records d’exécutions, où l’on décore les meilleurs tueurs, où l’on fait payer le prix de la « balle gaspillée » aux familles qui parviennent à récupérer le corps de leur enfant. Les plus belles villas sont transformées en centres de torture. Ne parlez pas de « Bermuda » ou de « Ras-Kassa » à Abebe, petit fonctionnaire qui traîne sa vie en claudiquant. Il tremble encore en se rappelant la cellule de 25 mètres carrés où ils dormaient à 40 : « Jamais sur le dos, toujours sur le côté. Pendant huit ans. » Et les tortures. Il y avait la « numéro 8 », suspension par les poignets derrière le dos, épaules déchirées. La « numéro 10 », barre sous les genoux, coups sur la plante des pieds. Et la « numéro 11 », et les autres, fouet, ongles arrachés, sexes castrés, yeux crevés… Aujourd’hui, dans les locaux du Comité contre la Terreur rouge, il y a un bureau fermé à clé. A l’intérieur, on vous remet un gros paquet mal ficelé, des milliers de clichés d’identité des victimes. On reste là longtemps, avec ces photos plein les bras. Et ces visages de gosses, ces regards. Des milliers de regards. A l’époque, personne à l’extérieur n’ose ou ne veut parler. « Ras-Kassa », villa de l’horreur, est pourtant à 300 mètres à peine de l’ambassade de France. Quant au clergé… « Il n’y a pas eu ici de monseigneur Courage », résume un prêtre. Addis-Abeba est seule. L’Ethiopie est entrée dans la nuit. Elle n’en sortira que dix-sept ans plus tard, après l’affreuse famine de 1984, une aide alimentaire détournée par Mengistu et interdite aux régions rebelles, la fin de l’appui de Moscou et l’hémorragie de la guerre en Erythrée et au Tigré. Aujourd’hui les rebelles tigréens du président Meles Zenawi sont au pouvoir. Partout on vous répète que le procès en cours doit faire justice des crimes passés, interdire l’oubli, donner une leçon de droits de l’homme aux générations futures. Le régime veut ainsi obtenir une reconnaissance internationale, montrer au monde qu’il peut réussir son « Nuremberg africain » avec son Code pénal, ses juges, ses tribunaux. En faire un « modèle éthiopien ». La culpabilité est évidente. Les bureaucrates du Derg, conseillés par la Stasi est-allemande, ont accumulé les rapports d’exécutions, tenu la comptabilité des balles utilisées et réalisé des films vidéo sur la torture. « C’est incroyable ! Aujourd’hui encore aucun des accusés ne montre la moindre trace d’un quelconque repentir ! », dit, stupéfait, le procureur général. Ainsi le procès serait joué ? Non. Parce que les opposants au régime accusent ce dernier de vouloir se forger une légitimité pour faire oublier qu’il est l’émanation des rebelles du Tigré et pour faire main basse sur l’Ethiopie après avoir chassé les Amharas des postes clés de l’administration. Plus grave, disent-ils : le négus et Mengistu luttaient pour garder l’entité éthiopienne alors que le nouveau régime la démembre en donnant l’indépendance à l’Erythrée. La plus grande partie de la société a collaboré ou s’est tue face à la dictature. Dans le box des accusés, certains ont été à la fois bourreaux et victimes ; dans les rangs des avocats de la défense, certains ont été mis en prison par ceux qu’ils défendent. Et quand un accusé, visiblement terrorisé, veut dire que ses gardiens lui ont intimé l’ordre de se taire au procès, qu’on l’a battu et enchaîné des jours entiers dans l’obscurité, le président écrase sa sonnette : « Silence ! Avez-vous une question à poser au témoin ? » A la sortie de l’audience, l’avocat, lui-même ancienne victime du Derg, en a les larmes aux yeux : « Je veux une justice. Enfin, une vraie justice. Pas ça ! » Qui juge qui ? Et comment ? L’examen de la longue nuit éthiopienne devrait durer au moins trois ans. Il pose déjà toutes les questions des futurs procès pour crimes contre l’humanité, en Bosnie, au Rwanda ou ailleurs. Il est encore temps de suivre celui d’Addis-Abeba pour en tirer les leçons. Et ne plus faire ce que le monde a fait pendant près de vingt ans : détourner le regard.

JEAN-PAUL MARI


« Visa »: Rastas, les enfants de Bob Marley.

Les « Carnets d’un grand reporter ».

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Photo jean paul mari



C’est une utopie qui part d’une relecture de la bible et propose une « vision libératrice à un peuple traumatisé par quatre siècles d’esclavagisme. » Ah, bon ? Pour moi, Rasta, c’était Bob Marley, des tresses comme des lianes et un pétard gros comme un baobab. Faut dire que je faisais de la radio à Monserrat, une île perdue des Antilles britanniques, et que j’avais le plus grand mal à travailler en studio à cause des effluves de ganja que le personnel semait dans les couloirs.

Rastafari, jah, man ! On entendait cela du matin au soir!

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En revenant de mon caillou au soleil, j’ai investi le bureau de mon directeur de radio quelque part en France pour lui expliquer que le reggae était l’avenir de l’ « Omo Musicus ». Je me souviens encore de son regard de profonde commisération. Jah, man !

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Noel Quidu, lui, photographe romantique mais pragmatique – « Quidu », en breton, cela veut dire « chien noir », chien fou, fort en gueule et grand cœur, de la race des marins du grand large – a sillonné la Jamaïque, l’Ethiopie, les USA et l’Europe à la poursuite des rastas.

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A Kingston, -Jah, man !... bon, ça suffit – deux énormes statues dénoncent l’esclavagisme ancien et un homme enroulé dans une couverture africaine se recueille sur la tombe de son dieu: Haïlé Sélassié, empereur d’Ethiopie entre 1930 et 1974.

 

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Bien sûr, Haïlé Sélassié n’a rien à voir avec ses émules. Un aristo, autoritaire, à l’étrange destinée puisque Mengistu le rouge l’a fait étouffer avec un oreiller dans son lit avant de garder son corps pendant des années muré sous ses pieds, juste au-dessous de son bureau. Etait pas près de s’échapper le dieu vivant! Un empereur déconcertant, donc, qui déclenche amour ou angoisse selon que l’on soit humble ou dictateur. Bref, pour les rastas, c’est un Dieu. Et Bob Marley grandit très loin de là, à Trench Town, dans un ghetto ultra-violent, se faisant prophète en lutte contre Babylone. « Get up! Stand up!… »

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Donc, Dieu est noir et Haïlé Sélassié, roi des rois, lion de la tribu de Juda, descendant du roi Salomon et réincarnation du christ. On en oublie un ? Non. D’ailleurs Bunny Wailer, ami d’enfance de Bob marley, avec qui il fonde « Bob Marley and the Wailers », crache une musique à réveiller les morts.

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Un rasta est sage, il ne boit pas mais danse, fait danser, fume et enfume. Il part en pèlerinage vers l’Ethiopie, car « la délivrance est proche ». Pour communier avec les ancêtres en répétant : « Un Dieu, un but, une destinée. » Et certains quittent la métropole française pour filer en Guadeloupeavant le grand voyage vers Addis-Abeba.

 

 

Des fêlés ? Non. Ils ont leur mode de vie, recherche l’harmonie, respectent la nature et marchent en suçotant  d’énormes pipes à cannabis.

 

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Ethiopie, Shashemené et la Nouvelle Sion, tout se mélange. En parcourant l’exposition, on se laisse aller au fil des photos – dommage qu’un éclairage trop violent multiplie les mauvais reflets…- où l’on retrouve le Quidu des grands reportages, le goût de la couleur,  un mélange d’immersion et de distance avec son sujet, l’empathie et l’humanité de l’image. Bref, le chien noir qu’on aime !

 

source

http://carnetsdungrandreporter.blogs.nouvelobs.com


Tribute to Bob Marley enfume Tunis

«Amis reggaemen… Bonsoir!» aurait pu être la phrase d’introduction, mardi soir, au festival de Carthage tant le public, de tous horizons, avait répondu présent à cette soirée placée sous le signe de la symbolique rastafari!

 

Par Samantha Ben-Rehouma

 


 

Le message d’amour et de paix omniprésent dans le répertoire musical du groupe One Foundation Crew et Tiken Jah Fakoly n’a laissé personne indifférent…

Hommage à un vrai révolutionnaire

Faites un test. Interrogez votre entourage: dites-leur «reggae» et le premier nom qui viendra à l’esprit de votre interlocuteur sera naturellement celui de Bob Marley. A sa mort, le 11 mai 1981, ce chanteur superstar de son vivant, basculait dans le mythe. Figure emblématique du reggae, il continue d’être un des artistes dont la musique est la plus jouée dans le monde. Les mots peuvent difficilement exprimer l’importance de l’influence de Bob Marley ni décrire l’impact de sa vie dont l’aura demeure présente, et ce, plus de 25 ans après sa disparition. La superstar du reggae a utilisé la musique pour unifier, élever et inspirer toute une génération. Sa musique était simple mais poignante, elle transcende les barrières de la structure de classe, de race, et même de langue. A ce jour, aucun artiste n’a été en mesure d’obtenir la célébrité internationale tout en restant fidèle à une mission simple de l’égalité, la paix et l’amour.

Le groupe One Foundation a envoûté Carthage avec les tubes de Bob Marley Ph. Khaled Sghaier

De tous les standards de Marley chantés par les One Foundation Crew: Buffalo Soldier,Jamming, Stir It Up, I shot the Sheriff, No Woman No Cry… Get Up Stand Up repris à l’unisson (il en a été de même pour toutes les chansons) par tout le public de Carthage qui incite à se battre pour ses droits, est toujours sous les feux de la rampe et prouve (encore une fois) combien la lutte doit continuer et qu’il est urgent de ne pas baisser les bras devant toutes formes d’oppression ou de censure…

«Y en a marre, l’Afrique en a marre, le peuple en a marre…»

C’est avec le poing levé, et une bonne demi-heure d’attente (la logistique du Festival de Carthage étant ce qu’a été la pluie dans la bataille de Waterloo) que la star du reggae africain scande son African Revolution. Avec Je dis non !, la chanson phare de son dernier album sorti en 2010, Tiken Jah Fakoly s’impose comme le porte-parole d’un continent en mouvement. Il transcende les genres et propose un son nouveau, ancré dans la tradition et résolument moderne, à l’image de l’Afrique d’aujourd’hui.

D’une chanson à l’autre, l’Ivoirien engagé et militant s’évertue à démontrer que les rythmes épousent les mots, les dissèquent et les font entendre grâce à la voix d’un reggae qui reflète l’Afrique à merveille, accompagnée par les instruments traditionnels mandingues…

Bref, une très bonne deuxième partie qui a duré presque trois heures, pour le plus grand bonheur du public !!

Tiken Jah Fakoly convainc les consciences au point que dire NON devient facile car il le dit en chanson, ce qui va droit au cœur rythmé de l’africain qui sommeille en chacun de nous.

Le porte-parole d’un continent en mouvement.Ph. Khaled Sghaier.

Ainsi l’espace d’une soirée, nous aussi avons dit NON en dansant sur les tubes de Bob Marley et sur les mélodies mandingues au rythme reggae. Et si tous nous pouvions suivre le rythme alors peut-être que l’Afrique deviendra UNIE car le reggae c’est une marche vers la victoire qui est toujours certaine. Un pas puis un autre, et on avance…


Rast’attitude

Documentaire, de Kevin McDonald, avec Margaret James.

La pop a Jackson, le rock, Jagger et le reggae, Marley. Problème: avec l’étrange icône du mouvement rastafari, certains de ses fans peuvent vous dégoûter à jamais de I Wanna Love You – comme un ayatollah du jazz peut vous couper toute envie d’écouter du Coltrane. Si le brillant Kevin McDonald (Le Dernier Roi d’Ecosse) a réalisé de main de maître son documentaire, le film, riche en témoignages plus ou moins pertinents, dure deux heures et demie. Soit une éternité aux yeux du profane. Celui-ci apprendra néanmoins que Bob Marley n’est pas qu’un délire d’ados lymphatiques et rebelles qui n’ont de rasta que les dreadlocks et sortira probablement réconcilié avec le genre. Jusqu’à fredonner Get Up Stand Up le reste de la journée…

Déjà en salles.


Croix éthiopienne

La croix de Lalibela

Religieux éthiopien à Lalibela

Religieux éthiopien de l’église Yemrehanna Krestos

La croix éthiopienne est un motif éthiopien en forme de croix. Son importance dans la culture éthiopienne s’explique par le caractère chrétien orthodoxe du pays. Il serait plus exact de parler de « croix éthiopiennes » car il existe de nombreuses formes selon la région ou la ville dans laquelle on se situe. Les trois principaux style de croix sont: la croix de Lalibela, la croix de Gondar et la croix d’Axum. La taille des croix peuvent varier du simple pendentif à l’imposante croix de procession. Elle constitue un motif central des décors de l’art éthiopien dans les peintures murales ou celles des manuscrits. Les croix les plus anciennes sont souvent en fer, en cuivre, en bronze ou en métal précieux. Celles antérieures au XVe sont des croix processionnelles, caractérisées par une hampe qui permet d’y adapter un manche afin de la transporter lors des processions. Les croix en bronze étaient coulée par le procédé de cire perdue. Les croix sont également présentes dans les manuscrits, généralement en pleine page, des entrelacs aux brins verts, jaunes et rouges les emplissent. C’est à partir du XIVe qu’un nouveau style de croix fait son apparition, le décor est entièrement ornemental et l’entrelacs prend une place central. La taille des croix augmente, les branches s’élargissent et sont englobées dans une auréole de forme carrée, et non plus circulaire ou quadrilobée comme auparavant. Les croix processionnelles incluent parfois des icônes et représentations de personnages bibliques. Le motif de la croix est aussi représenté sur les vêtements traditionnels de certains peuples éthiopiens.


« Marley » : un portrait imposant et passionnant qui rend son humanité à l’icône planétaire

 

Une image du film documentaire américano-britannique de Kevin MacDonald, "Marley".

 

Le terme d’icône, si galvaudé, convient bien à Bob Marley. Le physique ascétique du musicien jamaïcain, son mysticisme, la ferveur mondiale qui entoure son image – reproduite à l’infini de Delhi à Buenos Aires, de Stockholm à Lagos – le rapprochent des saints des religions chrétiennes, adorés et méconnus.

Au long de ce film imposant et passionnant, le cinéaste britannique Kevin MacDonald donne une réalité humaine à Robert Nesta Marley, né en 1945 dans les collines au-dessus de Kingston, Jamaïque, mort en 1981 à Miami. MacDonald marche sur les traces de Martin Scorsese. Ce dernier a d’ailleurs été le premier réalisateur sollicité pour réaliser la biographie de Marley, avant de renoncer faute de temps. Le producteur Steve Bing, qui avait obtenu l’accord de la tribu Marley, a ensuite fait appel à Jonathan Demme, avant de se décider finalement pour MacDonald.

Réalisateur de fictions (Le Dernier Roi d’Ecosse) comme de documentaires (Mon meilleur ennemi, sur Klaus Barbie), MacDonald a organisé son film autour de la confrontation entre les souvenirs des acteurs de l’histoire de Marley et les documents étonnamment laconiques que le musicien a laissés derrière lui. Bien sûr, on voit Bob Marley et les Wailers en concert et – dans une moindre mesure – en studio, mais on l’entend très peu parler. Tous les témoins évoquent son charisme, l’ascendant décisif qu’il prenait sur ses compagnons de musique, sur ses compagnes successives, imposant ses vues religieuses et politiques. Mais presque rien à l’écran n’indique la forme que prenait cette domination.

Il faut donc s’en remettre aux récits pour se faire une idée de ce qui a fait de ce garçon né et élevé dans la pauvreté l’une des figures majeures de la seconde moitié du XXesiècle. Kevin MacDonald met en évidence l’importance du métissage dans la constitution de l’identité de Bob Marley. Fils d’un fonctionnaire colonial britannique dont on ne sait pratiquement rien et d’une jeune beauté jamaïcaine, Cedella Booker, le futur musicien ne trouve pas tout à fait sa place dans le ghetto de Kingston où sa famille s’installe.

 

Une image du film documentaire américano-britannique de Kevin MacDonald, "Marley".

 

Chaque étape est minutieusement retracée : les premiers pas dans les studios de Kingston, la formation des Wailers, la rencontre avec le producteur Chris Blackwell, jamaïcain comme Marley, mais né de l’autre côté des barrières de classe et de race, l’explosion du groupe lorsqu’il s’est agi de se lancer à la conquête du monde (Bunny Wailer, ultime survivant des Wailers, en fait une relation teintée d’amertume), et cette gloire qui n’en finit pas de s’étendre.

Kevin MacDonald fait aussi une relation détaillée de la vie amoureuse et familiale de Bob Marley. Il ne s’agit pas tant de dévoiler des secrets d’alcôve que de constater l’incroyable et inébranlable loyauté que le musicien a suscitée chez ses compagnes qui se succèdent à l’écran, et surtout de définir une personnalité séduisante et rigide, entre prophète et chef de commando. Marley est un perpétuel exilé, qui entraîne sa tribu dans les brumes londoniennes ou au Zimbabwe, où le chanteur a joué pour les fêtes de l’indépendance. Le courage physique dont Marley a fait preuve au moment de la tentative d’assassinat dont il a été victime, sa naïveté face aux fractions qui mettaient la Jamaïque à feu et à sang à la fin des années 1970 sont aussi analysés.

Le traitement de la musique peut susciter une certaine frustration. Ce n’est pas en allant voir Marley que l’on entendra ses compositions dans leur intégralité. Ces fragments musicaux suffisent à faire entendre la richesse de la musique, son évolution également, qui a mené Bob Marley aux portes de la dernière place qu’il lui restait à emporter, le public afro-américain. C’est à ce moment qu’un mélanome – une maladie de Blanc – l’a emporté.


Jimmy Cliff: « La soif de liberté, la rébellion, le romantisme sont communs au reggae et au punk »

 

 

Jimmy Cliff: "La soif de liberté, la rébellion, le romantisme sont communs au reggae et au punk"

Jimmy Cliff est actuellement en tournée dans le monde entier.

REUTERS/Valentin Flauraud

Dans son dernier album, Sacred Fire, le père de la musique jamaïcaine marie ces deux influences. Il entame une série de concerts en France. Entretien. 

Rien ne semble affecter le calme et le sourire du rastaman Jimmy Cliff. Frère de musique, entre autres, de Bob Marley, héros du film culte The Harder They Come, dont il signa la magnifique bande originale, l’homme de Kingston, 64 ans, débarque en France pour un concert à Paris et six autres lors des festivals d’été. Son dernier album, Sacred Fire, révèle les liens entre le reggae et le punk. Auteur de tubes planétaires -« You Can Get It If You Really Want », « Vietnam », « Reggae Night » ou « Trapped »-, Jimmy Cliff est toujours là où on ne l’attend pas. Et inversement. 

Après sept années de silence, vous sortez Sacred Fire au goût punk-rock et reggae. Quel est le lien entre ces deux musiques?

La soif de liberté, la rébellion, le feu, le romantisme. J’ai enregistré ce disque avec le producteur Tim Armstrong, guitariste et chanteur du groupe punk californien Rancid. Je voulais le son des ancêtres du reggae, le ska et le rocksteady, et la pureté minérale du punk. J’ai fait appel à Tim, car Joe Strummer, le leader des Clash, m’avait beaucoup parlé de lui.  

Sur votre album, vous reprenez justement « Guns of Brixton », de Clash. Pourquoi?

Cette chanson a été écrite par le bassiste Paul Simonon pour l’album London Calling, en 1979. Paul est né à Brixton, une banlieue londonienne influencée par le reggae. Moi, j’ai vécu dans les ghettos de Kingston. Pour composer Guns of Brixton, il s’est inspiré de ma chanson « The Harder They Come ». The Clash ont publiquement avoué leur « emprunt » et j’en étais très fier. Ma version de leur chanson s’inspire du printemps arabe et des récentes émeutes à Londres, qui se sont déclenchées pendant l’enregistrement de l’album. 

 

Vous avez enregistré « Over the Border » avec Joe Strummer, en 2002, et vous la chantez en concert. Comment s’est passée votre rencontre avec le chanteur de Clash?

On s’est croisés une centaine de fois en courant d’air: « Hey Joe ! – Hey, Jimmy ! » Un jour, il est venu me voir à Londres pendant que j’enregistrais Black Magic et m’a fait lire un texte: « C’est une chanson que j’ai écrite pour toi. » J’étais très touché, et je lui ai demandé de me chanter la mélodie. Il n’y en avait pas. Nous l’avons imaginée ensemble, en trois jours. « Over the Border » fut sa dernière chanson. Joe est mort quelques mois plus tard. 

Votre version ska de « A Hard Rain’s a-Gonna Fall » est magnifique. Connaissez-vous Bob Dylan, son auteur?

Oui et non. Dylan a souvent déclaré qu’il considérait « Vietnam » comme le plus grand titre de révolte jamais écrit. Il a incité Paul Simon à se rendre à la Jamaïque où il a enregistré « Mother and Child Reunion » avec mes musiciens. Rien ne naît de rien. Je suis un musicien de reggae, mais les premiers morceaux que j’ai chantés sur scène, à 13 ans, étaient des tubes de Fats Domino ou de Little Richard. J’ai composé du disco [« Reggae Night »], monté des duos avec des artistes de hip-hop comme Wyclef Jean et je reste fidèle à mes racines: « World Upside Down », que je chante dans ce nouvel album, est un hommage à Joe Higgs, héros méconnu de la musique jamaïquaine. Le pionnier du reggae, bien avant Bob Marley ou moi. 

 

Bob Marley est, plus que vous, l’homme du reggae… Que ressentez-vous?

De la nostalgie. Bob et moi nous sommes rencontrés quand j’avais 14 ans. Je suis fier de l’avoir aidé à enregistrer son premier single, « Judge Not ». Bien sûr, j’ai été quelque peu éclipsé par le succès de Bob. Mais si, parfois, j’éprouve de la jalousie, je pense à ce qu’il m’a dit un jour: « Combats le diable avec cette chose que l’on appelle l’amour. » 

En concert le 7 juillet à La Perrière (61), le 12 juillet à La Grande-Motte (34), le 19 juillet à Manosque (04), le 29 juillet à Selestat (67), le 4 août à Crozon (29) et le 5 août à Pauillac (33).

 


La bande originale du film Marley dans les bacs lundi !

La bande originale du film sur Bob Marley sera dans les bacs le lundi 28 mai.

« Marley – Original Soundtrack », telle sera intitulée la BO du documentaire « Marley » qui retraçe la vie et la carrière de la légende du Reggae. Celui-ci est prévu pour le 13 juin 2012 dans les salles de cinéma françaises.

Cette BO sera composée des plus grands titres de Bob Marley, des versions et des lives inédits. 

Le film, réalisé par Kevin Macdonald, revient sur les évènements marquants de la vie du chanteur et sur sa personnalité insaisissable. Premier long métrage à recevoir l’accord et la collaboration de la famille Marley et de Chris Blackwell (fondateur du label Island), cette production s’annonce comme un évènement. Ce documentaire apporte un éclairage nouveau sur la vie de Bob Marley par des images inédites, des titres jamais dévoilés et des interviews de ses plus proches collaborateurs. En effet, l’équipe du film a, durant de longs mois, recherché des contenus exclusifs auprès de sa famille, ses amis et ses musiciens. 

Présenté en avant-première au Festival du film de Berlin, le résultat est déjà salué par la critique du monde entier pour sa fraîcheur et sa réalisation. The Guardian, le LA Times, le Screendaily ou encore le Sidney Morning Herald sont déjà sous le charme et saluent le film mais aussi sa bande son.

Ce double album célèbre la vie d’une icône mais aussi l’histoire d’un peuple. La Jamaïque célèbre en 2012 les 50 ans de son indépendance en rappelant au monde qu’elle lui a offert l’idole de toute une génération.

Vous pouvez également commander la BO sur itunes http://www.booska-p.com/re/g798dbje9m ou sur Fnacmusic http://www.booska-p.com/re/j1jck9meg1.

Ci-dessous la tracklist de la BO de marley ;

TRACKLISTING

1) Corner Stone

2) Judge Not 

3) Simmer Down

4) Put It On

5) Small Axe 

6) Mellow Mood

7) Stir It Up

8) Concrete Jungle 

9) Crazy Bald Heads

10) Natty Dread

11) Trenchtown Rock (live at The Roxy) 

12) Get Up Stand Up

13) Work

14) Jammin (live at One Love Peace Concert) 

15) Exodus (Kindred Spirit Dub Mix)

16) No Woman Now Cry (Live at the Lyceum)

17) 20 War 

18) I Shot the Sheriff (Live at the Lyceum)

19) Roots Rock Reggae

20) Three Little Birds 

21) Real Situation

22) Could you Be Loved

23) One Love / People Get Ready 

24) Redemption Song

25) High Tide Or Low Tide


31 ans après sa mort, les idées reçues autour de Bob Marley et du mouvement rastafari perdurent

Ce vendredi marque le 31ème anniversaire de la mort de l’icone du reggae. Retour sur cette figure de proue du mouvement rastafari.

"Toutes les chansons de Bob Marley parlent du mouvement rasta, comme, par ailleurs, une large majorité des chansons reggae. Cependant, attention, tous les Jamaïcains ne sont pas rastas, loin de la, c'est une minorité en Jamaïque."

Atlantico : Ce vendredi célèbre le 31ème anniversaire de la mort de Bob Marley, figure de reggae largement reproduite, personnalité mythique qui a démocratisé le mouvement rastafari. Mais en dehors de cette tourmente marketing que reste-t-il du mouvement ?

Bruno Blum : Le mouvement rasta a pris une dimension internationale et est composé de personnes qui luttent contre la société colonialiste et revendiquent leur identité originelle et locale, à l’image des Mahori en Nouvelle-Zélande, une partie de la population en Martinique ou d’autres peuples issus de régions où la colonisation a joué un rôle important. Et cela perdure. Ce sont des gens qui luttent contre l’exploitation, tout en cherchant l’identité de leur famille ; en réponse à l’a-culturation qui a eu lieu pendant l’esclavage et la colonisation. En dehors de cette dimension culturelle, il y a une dimension spirituelle très importante. Malheureusement, il existe une désinformation terrible qui fait que le mouvement est très mal compris. D’une manière générale, tous les gens qui luttent contre la décolonisation et la fin de l’exploitation sont peu écoutés, alors que c’est un sujet qui est au coeur des préoccupations de millions d’êtres humains.

Ensuite, vous avez parlé de « démocratisation », or j’ai peur que ce mot ne convienne pas. Le mouvement Rasta est d’abord spirituel, une lecture de la bible différente de celle des religions chrétiennes, quelles qu’elles soient et y opposent une vision plus proche de celle de l’Eglise orthodoxe d’Éthiopie. C’est une sensibilité tournée vers l’Afrique.

Toutes les chansons de Bob Marley parlent du mouvement rasta, comme, par ailleurs, une large majorité des chansons reggae. Cependant, attention, tous les Jamaïcains ne sont pas rastas, loin de la, c’est une minorité en Jamaïque. Mais ils luttent activement contre la politique américaine aux Caraïbes, et contre l’exploitation des multinationales américaines. C’est un mouvement anti-capitaliste qui ne s’installe dans aucune mouvance politique.

Comme toutes les figures excessivement populaires, il circule une flopée de légendes urbaines, de mythes, et de malentendus sur la personne de Bob Marley. Quelles sont les principales idées reçues ancrée dans l’imaginaire populaire ?

La principale et la plus emblématique de toutes ces idées reçues qui circulent sur le compte de Bob Marley est celle de sa mort. Contrairement à ce que l’on entend, le chanteur est mort, emporté par un cancer de la peau. Il a attrapé un mélanome dû à une trop forte exposition au soleil. Dans son cas c’est assez étonnant, car c’est une maladie qui concerne généralement les Blancs, les personnes noires y étant normalement peu sensibles. Or, dans le film Marley de Kévin Macdonald – qui sort dans le courant du mois de juin en France et qui a beaucoup de succès actuellement aux Etats-Unis – on le voit se blesser au football, la blessure s’envenime et devient la cause du cancer. Il est impossible d’attraper ce cancer en jouant au football !

Viennent ensuite les théories du complot selon lesquelles, un joueur aurait tenté de le blesser volontairement, ou encore la légende selon laquelle on aurait tenté de l’empoisonner. Et l’une des plus admises, celle du cancer de l’oesophage. Tout cela est faux. La vérité, c’est qu’il a tardé à soigner ce cancer parce qu’il était en pleine gloire, des concerts étaient programmés partout et il ne voulait pas les annuler pour une opération. Il était enfin en train de se sortir de la misère et il ne voulait pas stopper son ascension.

L’exploit de Bob Marley a été de réussir à mettre à disposition du monde entier, une musique issue d’une minorité et dont on pourrait croire qu’elle était destinée à rester confidentielle. Quelle a été la recette de son succès ?

Beaucoup de facteurs se sont conjugués. Comprenez que le monde a vécu durant trois ou quatre siècles sous l’emprise d’une société blanche, chrétienne et occidentale. Il fallait bien que lorsque la colonisation et l’esclavage ont reculé, les millions de gens qui ont subi ces traumatismes commencent à rechercher leur identité, leur culture et Bob Marley a été le premier à exprimer ce besoin. D’autres l’on fait avant lui, notamment par le biais du mouvement de Marcus Garvay, mais lui l’a fait de façon pacifique. C’était un artiste.

Tout le rapport entre le Nord et le Sud, les riches et les pauvres, les cultures dominantes et locales, l’exportation de la culture du Nord vers le Sud, les pillages, tout cela devait s’exprimer à un moment ou à un autre. Et Bob Marley a su trouver le langage universel pour les cristalliser et rendre le message attrayant.

Ajoutez à cela que le reggae a été une musique universelle qui a inventé le rap à New York. C’est un rythme repris dans le monde entier. Le reggae a inventé le remixage, et le Dub qui est une invention jamaïcaine des années 60 qui n’existait avant nulle part ailleurs. Cela est considérable pour une île grande comme la Corse.

Et enfin, Bob Marley a bénéficié de l’appui financier d’un homme d’affaire, à une époque où les financements étaient rares dans la musique. Tout cela a permis de sublimer le talent de cet homme dont les paroles sont baignées d’une poésie toute particulière.

Propos recueillis par Priscilla Romain


La naissance du mouvement rasta

30 ans après la mort de Bob Marley, nous revenons sur l’histoire méconnue des rastas à travers ceux qui l’ont inspiré. Marcus Garvey, le père du Black Power, chanté par toutes les stars du reggae, mais aussi Léonard Percy Howell, le « Gong », également jamaïcain et premier prédicateur de Ras Tafari. Si le premier est devenu un mythe, la mémoire du second a été effacée. Grâce au formidable travail d’enquête d’Hélène Lee, auteur du film documentaire Le premier rasta, on comprend d’où vient le message de celui qui a adopté le surnom de « Tuff Gong » : Bob Marley !

Rediffusion du 27 août 2011.

Notre invitée, Giulia Bonacci est historienne et spécialiste de l’Afrique et des diasporas africaines. Chercheuse à l’IRD (Institut de recherche pour le développement), elle est actuellement en poste à Addis Abéba, au Centre Français d’Etudes EthiopiennesGiulia Bonacci est l’auteur de Exodus ! l’histoire du retour des Rastafariens en Ethiopie, aux éditions l’Harmattan

A voir : Le premier rasta, de Hélène Lee www.lepremierrasta.com
A lire : Le premier rasta, de Hélène Lee aux éditions Flammarion.

Playlist de l’émission :
« Rastaman Chant » par Ras Michael & The Sons of Negus
« Marcus Garvey » par Burning Spear
« Sounds of Babylon » par Samuel the First
« Selassie is the Chapel » par Bob Marley & The Wailers
« Rastaman Chant » par Bob Marley
« Samia » par Count Ossie & The Mystic Revelation
« Equal Rights » par Peter Toshe
« Run Come » par Ras Michael & The Sons Of Negus
« I Know a Place » par Bob Marley and the Wailers.

 

Source http://www.rfi.fr